| 06/30/2008 - Le Western Climate Initiative aux États-Unis |
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Rencontre avec Janice Adair, Directrice du Western Climate initiative, à Olympia, dans l’état de Washington. [Energy Advantage] La majorité des états et des provinces partenaires du Western Climate Initiative (WCI) semblent avoir décidé de se joindre à vous parce que les gouvernements américain et canadien ne sont pas assez énergiques dans leurs initiatives face aux changements climatiques. Dans la course à la présidence américaine, les candidats ont affirmé dans leur campagne vouloir poser des gestes concrets contre les changements climatiques via un programme de plafonnement et d’échange de droits de carbone. Quelle sera la relation entre le WCI et les initiatives gouvernementales actuelles et futures? [Janice] Je ne crois pas que nous verrons des gestes concrets du gouvernement fédéral pour le moment, alors que le projet de loi Lieberman-Warner a été repoussé à l’an prochain. Il est possible que des séances soient tenues à ce sujet au Congrès et nous en surveillerons certainement les développements; mais même ceux en faveur du projet ne prévoient pas l’adoption de quelque mesure que ce soit. Lors de l’arrivée de la nouvelle administration, et de la mise en œuvre des actions projetées, notre programme aura beaucoup progressé. Le WCI s’attend à partager ses résultats avec le Congrès et à demander l’inclusion des dispositions qui, selon nous, sont les plus appropriées dans le cadre d’un programme de plafonnement et d’échange. [EA] Comment prévoyez-vous interagir avec le Regional Greenhouse Gas Initiative (RGGI) du nord-est des États-Unis? [Janice] Nous communiquons sur une base régulière avec l’un des états participant au RGGI et nous avons également des consultants communs. Nous prévoyons rencontrer le RGGI à l’automne, une fois que leurs actions initiales seront complétées. Nous serons alors en mesure de constater quels éléments furent probants, et quoi faire différemment. [EA] Est-ce que le Western Climate Initiative prévoit collaborer avec d’autres organisations similaires et entrer en contact avec des pays comme la Chine ou l’Inde? [Janice] Nous aimerions collaborer avec le Marché de permis européen, mais cette organisation collabore seulement avec des pays. Ainsi, le Canada pourrait être en mesure d’établir un partenariat avec le Marché; par contre, il est difficile de s’assurer que les États-Unis pourront en faire de même, puisque nous n’avons pas de programme national. Avant de concentrer nos efforts vers une collaboration avec des pays comme la Chine et l’Inde, nous aimerions établir un contact avec les autres états et provinces en Amérique du Nord. [EA] Dans le cadre de votre programme, à quels problèmes pourraient faire face différents secteurs de l’économie, particulièrement les entreprises actives dans plusieurs provinces ou états? [Janice] Il n’y aura pas de chevauchement de différents programmes de plafonnement et d’échange, puisque ce programme n’est pas en place ailleurs que dans le WCI en ce moment. Par contre, nous devons régler la problématique des « fuites », puisque ce ne sont pas toutes les provinces et états qui sont membres du WCI. Nous nous attendons à ce qu’il y ait des programmes nationaux de plafonnement et d’échange de droits dans les deux pays, dans un avenir rapproché. Ainsi, il sera peu profitable pour les entreprises qui désirent échapper au programme de déménager un an ou deux à l’extérieur de la portée du WCI. Parallèlement à cela, nous sommes fortement conscients de la question de la concurrence; nous tentons, par le biais de nos initiatives, d’atténuer la situation. Il s’agit probablement là de la plus grande problématique. La question de l’électricité amène des problématiques particulières. Nous tentons de trouver un moyen de réglementer l’électricité afin d’éviter les « fuites ». Nous sommes reliés au réseau ouest d’électricité, afin que l’électricité produite par les provinces ou états membres du WCI passe par là. Nous avons réglé la question des génératrices, mais le reste demeure incertain. Il nous faut trouver un moyen de compter l’électricité importée car sinon, les fuites seront énormes. [EA] Pouvez-vous décrire le rôle des compensations de carbone dans le programme de plafonnement et d’échange du WCI? [Janice] Nous travaillons actuellement à régler les détails de cette question. Nous avons convenu que les compensations doivent faire partie du système. Nous avons également déterminé qu’il devrait y avoir des projets préapprouvés par le WCI, et que les initiateurs d’autres projets devraient être en mesure de les faire approuver par l’organisation. De plus, nous avons décidé d’employer les protocoles normalisés là où ils existent déjà; ailleurs, nous mettrons les protocoles requis en place. Par contre, nous sommes à l’étape de négociation pour ce qui est de déterminer la nature des projets préapprouvés, les quotas en pourcentage ou les limitations géographiques des projets. [EA] Pour quelle raison le WCI a-t-il choisi le Climate Registry? [Janice] Au moment où nos premiers partenaires se sont joints au Western Climate Initiative, le Climate Registry était le seul organisme infranational recueillant les données sur les émissions de gaz à effet de serre et ayant établi pied un protocole de rapports; c’est encore le seul organisme à ce jour. Le Climate Registry est le résultat des efforts de l’Association des gouverneurs de l’ouest des États-Unis et de NesCom. Puisque la plupart des états de l’ouest qui font partie de cette association sont également partenaires du WCI, il était tout naturel de se diriger vers le Climate Registry. Nous pouvons ainsi profiter d’une plate-forme commune pour les rapports; par conséquent, lorsque l’échange de droits débutera, nous serons sûrs qu’une tonne demeurera une tonne, peu importe d’où le rapport provient. L’intégrité des données est une partie essentielle de notre programme. [EA] Avez-vous un conseil pour les entreprises? [Janice] Nous conseillons toujours la même chose aux entreprises : informez-vous, demeurez à l’affût de toute documentation publiée par le WCI pour consultation publique et envoyez-nous vos commentaires. Il est important pour nous de recevoir des commentaires des entreprises afin de mieux comprendre leurs besoins : ce qu’elles recherchent, mais aussi les éléments qui ne fonctionnent pas, ce qui peut s’avérer plus important qu’une liste des éléments souhaités. Les gens doivent participer au processus. Nous avons tenté de maximiser l’accès à la documentation, par le biais du site web, par Listserv, par les séminaires Web et par l’envoi de commentaires en ligne. Parallèlement, je crois qu’il est important pour toutes les entreprises émettant des GES de bien comprendre leur bilan de carbone, de connaître d’où proviennent leurs émissions polluantes, et d’adopter des mesures pour les réduire. Des coûts se rattachent à ce processus; lorsqu’un système national sera mis en place, ce qui arrivera sans aucun doute au Canada et aux États-Unis, les entreprises auront tout avantage à en profiter. Il est avantageux d’entreprendre des démarches dès maintenant afin d’améliorer l’efficacité des processus d’affaires et réduire les émissions polluantes. Ceci permettra non seulement de réduire les émissions de GES, mais permettra également aux entreprises de diminuer leur consommation énergétique, donc d’économiser de l’argent. |