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06/30/2008 - Perspectives sur le Western Climate Initiative

Par Courtney Kirkby


L’échauffement de la planète continue à faire les manchettes et demeure l’une des préoccupations majeures de la population. Il est facile d’évaluer la confiance de la population envers les projets des gouvernements canadien et américain face à cette problématique. Une recherche rapide sur Google sur les plans d’action des gouvernements nous apprend que les actions du gouvernement canadien ne font pas l’unanimité. Si on fait la recherche en utilisant les mots « Harper » et « changements climatiques », on reçoit comme premiers résultats des titres éloquents: « Le plan du gouvernement Harper contre les changements climatiques : échec »; « Un rapport fédéral descend en flammes le plan Harper contre les changements climatiques »; « Bush et Harper évitent l’action contre les changements climatiques ». En répétant l’exercice avec « Bush » et « changements climatiques », le titre suivant arrive en 3e place dans les résultats: « Bush dissimule les recherches sur le climat ».

Dans l’artice From Bali: moving beyond Kyoto…, Stefan Seum décrit les tentatives des gouvernements canadien et américain pour faire dérailler les négociations de Kyoto afin d’éviter une mise en place de normes plus strictes. Cette information est dérangeante dans un contexte où les États-Unis et le Canada sont classés respectivement premier et septième plus gros producteurs d’émissions de carbone; ceci, combiné aux liens de plus en plus connus entre les changements climatiques et la santé de la population, les écosystèmes, la migration des animaux, les conditions météorologiques extrêmes, l’approvisionnement en eau potable et l’économie globale. Heureusement, l’espoir subsiste pour l’Amérique du Nord en 2009, alors que les candidats à la présidence des États-Unis se sont tous engagés à respecter un programme de plafonnement et d’échange de droits de carbone; il est probable que le Canada emboîte alors le pas aux initiatives mises en place. Alors que les plus hauts paliers de gouvernement semblent préférer ignorer les changements climatiques plutôt que de les combattre, on voit apparaître un nombre grandissant d’efforts décentralisés en ce sens à travers le continent.

Le Western Climate Initiative (WCI) est l’une de ces initiatives. Le WCI, une collaboration dépassant les frontières nationales, regroupe plusieurs états américains et provinces canadiennes dans un effort collectif. En février 2007, les gouverneurs de l’Arizona, de la Californie, du Nouveau-Mexique, de l’Oregon et de Washington se sont concertés afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Peu après sa fondation, le groupe a annoncé qu’il établirait des objectifs respectant les estimations scientifiques, lesquelles ont déterminé de 50% à 85% de réductions de gaz à effet de serre souhaitables d’ici 2050. Un programme généralisé de plafonnement et d’échange de droits a été choisi afin d’atteindre cet objectif.

Au fil du temps, de nouveaux partenaires se sont joints à cette initiative, incluant les provinces de la Colombie-Britannique, du Québec et du Manitoba, ainsi que les états du Montana de l’Utah. À ces partenaires s’ajoute un nombre croissant d’observateurs, tels que l’Alaska, le Colorado, l’Idaho, le Kansas, le Nevada et le Wyoming; les provinces de l’Ontario et de la Saskatchewan; ainsi que les états mexicains Baja California, Chihuahua, Coahuila, Nuevo Leon, Sonora et Tamaulipas.

Les partenaires du WCI se sont rencontrés en mars dernier afin de rédiger des premières recommandations pour les programmes en préparation ou en cours : programmes régionaux de plafonnement et d’échange de droits, recommandations, mesures incitatives, programmes d’impôts et de redevances, ainsi que bon nombre de programmes sur une base volontaire. Parallèlement, les partenaires prévoient des moyens de promouvoir l’énergie propre et renouvelable dans les régions du WCI, tout en stimulant l’économie, en créant de nouveaux emplois et en reconnaissant les innovations dans le domaine. Les initiatives du groupe sont liées au Climate Registry, un regroupement nord-américain visant la création d’un protocole de rapport des émissions précis, complet et transparent. Le programme de plafonnement et d’échange de droits du WCI, qui verra le jour incessamment, est basé sur le Climate Registry.

L’échange de droits au sein du WCI débutera d’ici quelques années; pour le moment, le groupe continue la préparation en réglant certains aspects: par exemple, comment les crédits compensatoires seront intégrés au programme d’échange; ou encore, à quel moment les transactions d’électricité entre les membres WCI et les non-membres seront réglementées afin d’éviter les “fuites”. Le service des nouvelles d’Energy Advantage a profité de l’occasion pour recueillir trois perspectives différentes sur le Western Climate Initiative. Nous avons parlé à Janice Adair, Directrice du WCI, à Olympia dans l’état de Washington; nous avons également rencontré Andrea Merredew, Directrice générale, ainsi que Juliane Schaible, Consultante, pour le Climate and Green Initiatives Branch du gouvernement du Manitoba ; enfin, nous avons rencontré Jean-Yves Benoit, économiste pour le département des changements climatiques au gouvernement du Québec.


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