| 05/28/2008 - Mieux mesurer pour mieux gérer |
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Par Rob Kerr, Directeur, développement et livraison TEEM (Total Energy and Environmental Management), Energy Advantage Vous ne pouvez gérer ce qui n’a pas été mesuré De nombreux dirigeants d’entreprises privées et du secteur public ont compris depuis longtemps qu’il faut savoir mesurer afin de mieux gérer. Ce vieil adage s’avère encore d’actualité dans le domaine en plein essor de la gestion énergétique et environnementale. Plusieurs entreprises connaissent actuellement des difficultés en souhaitant améliorer l’approvisionnement et l’utilisation de leur énergie, dans un contexte en changement constant : la déréglementation des services publics, les sommets pétroliers sans cesse repoussés, les augmentations constantes des prix de l’énergie et les changements climatiques. Parallèlement, les entreprises doivent faire face à une pression croissante pour se soumettre aux nouvelles directives relatives à l’énergie et aux émissions des gouvernements, tout en satisfaisant les demandes d’une clientèle de plus en plus sensibilisée face aux enjeux environnementaux. Les données sur l’énergie ainsi que l’information sur les systèmes et procédures en place constituent e issues listed above, wles piliers de la planification, l’implantation et l’amélioration continue de la gestion énergétique. Une telle démarche s’inscrit de plus dans les contextes d’amélioration continue utilisés pour d’autres priorités de l’entreprise, tels que les finances ou le contrôle de l’inventaire. La cueillette et la validation des données requises dans le cadre d’un projet de gestion énergétique sont des tâches complexes, qui ne pourront qu’augmenter en difficulté alors que les utilisateurs de l’énergie fourniront de plus en plus de données. Par exemple, la déréglementation des marchés du gaz naturel et de l’électricité a entraîné des factures de services fortement détaillées. Parallèlement, la déréglementation a permis aux consommateurs d’avoir accès à un vaste choix d’options en approvisionnement énergétique, une situation avantageuse qui amène son lot de confusion. Par exemple, l’implantation de compteurs d’électricité « intelligents » qui peuvent calculer la consommation par intervalles de 5 minutes : une option intéressante pour le consommateur, mais amenant une multitude de données. Les entreprises qui ne sont pas bien équipées pour interpréter toutes les données relatives à leur consommation énergétique ne pourront mesurer avec exactitude les progrès effectués vers l’atteinte de leurs objectifs. Après un certain temps, ces entreprises travailleront dans un environnement inadéquat en termes de transparence et de responsabilité. De plus, ils seront alors confrontés à un véritable danger : celui de se retrouver parmi des fournisseurs de services énergétiques ou de technologies d’efficacité énergétique qui, eux, auront la pleine maîtrise de leurs données. Mais l’acte seul de mesurer les données n’est pas suffisant à l’obtention et au maintien de résultats probants dans le cadre de stratégies et d’implantation de gestion énergétique. Toute information relative à l’énergie n’a de la valeur qu’en présence de structures adéquates de gestion, conçues pour progresser continuellement vers l’atteinte d’objectifs de gestion énergétique. Mais pourquoi la gestion énergétique serait-elle un dossier d’envergure, un défi relevé aux plus hautes sphères des entreprises? Pourquoi ce dossier quitte-t-il les activités dites « techniques » du personnel pour s’installer de pied ferme dans les agendas des présidents? Une approche complète de la question de la gestion énergétique et environnementale est composée de plusieurs éléments essentiels. Afin d’atteindre le succès dans chacun de ces éléments, il faut s’assurer d’une base solide et bien structurée de données énergétiques ainsi que de systèmes et procédures. Le comité de direction sur l’énergie Conçu dans le même ordre d’idées que les comités de haute direction, le Comité de direction sur l’énergie constitue une fondation solide pour la mise sur pied d’un programme énergétique et environnemental optimal. C’est par le biais de ce Comité que les grandes préoccupations d’entreprise reliées à l’énergie et l’environnement peuvent être discutées; des préoccupations telles que la tolérance au risque, l’image de l’entreprise ou la conformité aux normes. L’aspect énergétique occupe une place de plus en plus importante parmi l’évaluation globale des risques, dans un contexte de volatilité des prix, de sécurité de l’approvisionnement et de conformité aux normes gouvernementales. La tendance de « l’écoblanchiment » est terminée; les consommateurs exigent maintenant des faits et des chiffres à l’appui des affirmations environnementales, et même possiblement une vérification et une certification de l’entreprise par une tierce partie. Parallèlement, les gouvernements adoptent une position plus ferme face à l’efficacité énergétique et la réduction des gaz à effet de serre; par exemple, dans le cadre du projet de loi 21 du gouvernement ontarien, l’Energy Efficiency Leadership Act requiert que les organismes publics communiquent régulièrement les détails de leurs activités de consommation et de conservation de l’énergie. Afin de se conformer à ces exigences, les entreprises doivent effectuer une collecte et une manipulation importantes des données, et la haute direction de soir de prendre de grandes décisions. L’énoncé d’une politique énergétique et environnementale La plupart des entreprises souhaitent promouvoir auprès du public leurs actions visant l’économie d’énergie et autres « politiques vertes ». Par contre, sans un bon système de données ni de structure organisationnelle adéquate, il peut s’avérer très difficile de bien évaluer les coûts d’implantation et de maintien de ces procédures, compromettant ainsi leur efficacité globale. L’établissement de données de référence sur l’énergie et les émissions Un rapport regroupant les données de base de l’entreprise sur l’énergie et les émissions permet d’obtenir un portrait global de la consommation énergétique, de ses coûts et des émissions produites. Ces données deviennent la référence pour l’entreprise, contre laquelle la réussite de toute future politique ou procédure pourra être mesurée. Les données de référence dépendent entièrement des informations disponibles relatives à la consommation énergétique, les informations du fournisseur d’énergie, l’utilisation et le traitement de l’eau, ainsi que tous les autres paramètres ayant un impact sur la consommation énergétique et les coûts, tels que les données de production, les heures d’ouverture, la localisation de l’établissement et autres. L’évaluation des opportunités L’examen complet de chacune des facettes de l’entreprise reliées à l’énergie permet de déterminer la différence entre les meilleures pratiques d’affaires et celles de l’entreprise. Cette étape comprend l’évaluation des finances, de la comptabilité, de l’approvisionnement, des opérations, du design, de la construction et des initiatives environnementales existantes. Conjointement au rapport des données de référence et aux informations recueillies, l’évaluation des opportunités permet de déterminer les possibilités d’amélioration de l’efficacité énergétique et environnementale ainsi que les coûts et le rendement potentiel de ces possibilités. Le plan stratégique Le plan stratégique permet de déterminer avec précision les objectifs de gestion énergétique et environnementale de l’entreprise. Le plan inclut l’impact des initiatives de gestion énergétique sur le rendement et la pérennité de l’entreprise. Le plan trace un sommaire des tâches en termes de l’approche à privilégier, des ressources nécessaires ainsi que de l’échéancier pour l’implantation. En se basant sur ces trois piliers stratégiques, des plans d’action plus détaillés par secteur peuvent être préparés. Plus de détails ci-dessous. Le budget et les mesures incitatives nécessaires au financement des programmes énergétiques et environnementaux dépendent d’une base d’informations de grande qualité. Le budget sera habituellement basé sur l’historique de la consommation et des coûts, telle que déterminée dans le rapport des données de référence. L’admissibilité aux programmes des gouvernements requiert habituellement une analyse détaillée des résultats projetés ainsi qu’un rapport sur le rendement suivant l’implantation. La surveillance et la production de rapports sur l’énergie et les émissions exigent la disponibilité de données pertinentes; ces données doivent être recueillies continuellement au fil du temps, afin de servir à la production de rapports périodiques sur le progrès effectué par l’entreprise face à l’atteinte de ses objectifs, ainsi que la conformité au budget. Une gestion efficace des achats énergétiques requiert des informations fiables afin d’assurer le suivi des changements dans le marché de l’énergie, l’évaluation des meilleures stratégies d’achat, ainsi que l’implantation et la gestion des achats directs. L’optimisation de l’efficacité énergétique dans les bâtiments existants constitue un objectif fondamental d’une gestion énergétique efficace. Cette optimisation est habituellement effectuée par le biais de programmes de sensibilisation pour les employés, ainsi que de dépenses en capital visant l’amélioration de l’équipement et des systèmes consommateurs d’énergie. Ces deux approches dépendent d’un ensemble de données bien structurées, qui permettront aux gestionnaires d’en évaluer la faisabilité, les priorités, les bénéfices ainsi que les résultats projetés. L’échange de crédits compensatoires pour le carbone et les autres émissions fait partie des aspects majeurs du programme Prendre le virage du gouvernement canadien, visant la réduction des émissions. Au fil du temps, les entreprises qui n’auront pas établi de systèmes rigoureux de mesure de l’énergie et des émissions seront pénalisées lors de leur participation à de tels programmes gouvernementaux. Conclusion Lorsque l’on considère l’ensemble des aspects cités dans cet article, on se rend vite compte qu’il s’agit là de grandes problématiques de gestion qui ne peuvent être résolues sans l’aide d’outils et de processus de gestion appropriés. « Vous ne pouvez gérer ce qui n’a pas été mesuré » est bien plus qu’un cliché. Les entreprises qui décident de ne pas relever le défi risquent de se retrouver parmi les derniers dans la nouvelle « économie verte ». |